Projet SoutH2 Corridor : Alger prépare une rencontre clé pour l’hydrogène vert vers l’Europe

L'Algérie se positionne au cœur de la transition énergétique mondiale avec le projet SoutH2 Corridor. Ce vaste programme vise à transporter de l'hydrogène vert produit sur son territoire vers l'Italie,…

Carte du corridor SoutH2 reliant Algérie à l'Europe par pipeline hydrogène vert

L’Algérie se positionne au cœur de la transition énergétique mondiale avec le projet SoutH2 Corridor. Ce vaste programme vise à transporter de l’hydrogène vert produit sur son territoire vers l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, via la Tunisie. Le ministère de l’Énergie et des Mines a annoncé, le 5 mars 2026, une rencontre de coordination à Alger dans les prochains mois, à l’initiative de cette institution. Cette réunion réunira les acteurs des pays impliqués pour accélérer la concrétisation du projet, qualifié de « saut qualitatif » par Khalil Hedna, directeur de l’information et de la communication au ministère.

Ce corridor s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification énergétique pour l’Algérie, riche en ressources solaires. Il complète un autre initiative majeure : l’interconnexion électrique avec l’Italie, pilotée par Sonelgaz, Sonatrach et ENI, dont les études progressent vite. Pourquoi ce timing ? L’Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements en hydrogène renouvelable pour respecter ses objectifs climatiques, tandis que l’Algérie valorise son potentiel solaire abondant. Cette annonce relance les discussions sur un partenariat euro-maghrébin durable, au moment où les énergies fossiles cèdent du terrain.

Contexte du projet SoutH2 Corridor

Le SoutH2 Corridor est un gazoduc d’environ 3 300 kilomètres reliant l’Afrique du Nord à l’Europe centrale. Lancé en 2023-2024, il utilise en partie des infrastructures existantes pour réduire les coûts, avec un investissement estimé à 4 milliards d’euros. L’objectif : exporter jusqu’à 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an, couvrant une part significative des besoins européens.

En janvier 2025, les ministres de l’Énergie d’Algérie, Tunisie, Italie, Autriche et Allemagne ont signé une déclaration d’intention à Rome. Ce document confirme le potentiel des deux pays maghrébins en production renouvelable et appelle à des investissements pour créer emplois et innovation. Des MoU ont suivi, comme celui d’octobre 2024 à Oran entre Sonatrach, Sonelgaz et des firmes européennes (VNG, Snam, etc.), pour des études de faisabilité.

Les acteurs impliqués et leur rôle

  • Algérie : Leader en production, grâce à Sonatrach et Sonelgaz. Coût de l’hydrogène vert estimé à 1,2-2 dollars/kg, bien en dessous des 5-6 dollars en Europe.
  • Tunisie : Partenaire pour le transit initial.
  • Italie : Hub d’entrée via Snam et ENI, avec interconnexion électrique complémentaire.
  • Autriche et Allemagne : Destinations finales, via Verbund et VNG, pour décarboner leur industrie.

Sonelgaz avance aussi sur 15 000 MW solaires d’ici 2035, avec 3 200 MW en phase 1. Plusieurs centrales (1 480 MW) entreront en service en 2026, comme Tendla (93% d’avancement).

Enjeux économiques et énergétiques

Ce projet renforce la position de l’Algérie comme hub énergétique régional. Il soutient REPowerEU de l’UE, qui prévoit 29,91 milliards d’euros pour les infrastructures via CEF (2028-2034). L’hydrogène vert, produit par électrolyse solaire, réduit les émissions et diversifie les exportations algériennes.

AspectDétails Algérie/EuropeAvantages
Coût production H2 vert1,2-2 $/kg (Algérie) vs 2,5-6 $/kg (Europe)Compétitivité prix
Capacité export4 Mt/an40% besoins UE import H2
Longueur pipeline3 300 km, 60-70% existantMoins d’investissements
Mise en serviceÉtudes 2024-2026, opérationnel ~2030Transition rapide

Ce tableau illustre les atouts compétitifs du corridor.

Avancées récentes et perspectives

L’annonce de la rencontre à Alger marque une étape clé post-MoU 2024. Les études d’interconnexion électrique avec l’Italie « avancent rapidement », via un câble sous-marin. L’UE réaffirme son engagement, avec financements pour PCI comme SoutH2.

Experts soulignent l’enjeu géopolitique : l’Algérie gagne en influence, l’Europe en sécurité énergétique. Des réunions à Berlin ont déjà fait le point sur les progrès.

Conclusion

Le SoutH2 Corridor positionne l’Algérie comme pilier de la transition verte euro-méditerranéenne, avec une rencontre cruciale à Alger pour passer des études à l’action. Ce projet, enrichi par des partenariats solides et des avancées solaires, promet emplois, innovation et réduction des émissions. Reste à voir si les mécanismes financiers et réglementaires se mettront en place à temps pour un démarrage vers 2030. Les prochains mois seront décisifs pour confirmer ce « saut qualitatif » énergétique. L’Algérie pourrait ainsi exporter non seulement du gaz, mais de l’avenir durable.