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Aïd El-Adha 2026 : des fraudeurs copient adhahi.dz et volent les données bancaires des Algériens

Aïd El-Adha 2026 : des fraudeurs copient adhahi.dz et volent les données bancaires des Algériens

La plateforme gouvernementale adhahi.dz, lancée il y a moins d’une semaine, est déjà ciblée par des escrocs. Des copies frauduleuses circulent sur Facebook et WhatsApp pour piéger les familles algériennes qui tentent de réserver un mouton importé. L’APOCE a publié une alerte officielle le 21 avril 2026.

Cela n’a pris que quelques jours. La plateforme adhahi.dz, présentée par le ministère de l’Agriculture comme une avancée concrète pour encadrer la vente de moutons importés avant l’Aïd El-Adha, n’était pas encore connue du grand public que des fraudeurs en avaient déjà créé des copies. Ces faux sites ne sont pas artisanaux : ils reproduisent fidèlement l’interface officielle, utilisent des noms de domaine proches, et sont diffusés activement sur les groupes Facebook et les discussions WhatsApp — là où des millions d’Algériens cherchent précisément comment accéder au service.

Ce qui frappe, c’est la rapidité de l’arnaque. Les escrocs ont compris avant beaucoup de citoyens que l’inscription sur adhahi.dz allait mobiliser des millions de personnes en quelques jours, dans l’urgence, sur un service qu’elles n’avaient jamais utilisé auparavant. Le terrain idéal pour le phishing.

Un service public inédit, une fenêtre d’attaque immédiate

Pour comprendre pourquoi cette arnaque a si vite pris racine, il faut mesurer ce que représente adhahi.dz dans le quotidien algérien. Pour la première fois, l’État impose un canal unique et numérique pour accéder aux moutons importés subventionnés. Pas de marché, pas d’intermédiaire, pas de file d’attente devant une wilaya : tout se passe sur un portail web, avec un numéro de CNIBE et un SMS de confirmation.

Le prix est lui aussi inédit et précis : 50 000 DZA en espèces, 49 000 DZA par terminal de paiement électronique, 48 000 DZA pour un règlement en ligne — une grille qui encourage explicitement la bancarisation. Dans un contexte où beaucoup d’Algériens restent méfiants vis-à-vis du paiement numérique, cette nouveauté a semé la confusion : est-ce que le site va me demander mes coordonnées bancaires ? Est-ce normal qu’on me demande mon numéro de CCP ?

Les fraudeurs ont joué exactement sur cette incertitude.

Ce que font les faux sites — et ce que le vrai ne fait jamais

La procédure officielle sur adhahi.dz est volontairement minimaliste : numéro de CNIBE, numéro de téléphone (l’adresse e-mail est facultative), code SMS, reçu. C’est tout. Aucune donnée bancaire n’est demandée à l’inscription. Le paiement n’intervient que le jour du rendez-vous, en présence physique, avec la carte d’identité et le reçu imprimé.

Les faux sites s’en distinguent sur ce point précis et décisif : ils demandent immédiatement un numéro de carte bancaire ou des identifiants CCP, avec une justification rassurante du type « pour confirmer votre réservation » ou « pour valider votre commande ». Certains vont plus loin et simulent un paiement en ligne de l’acompte.

Ce que demande adhahi.dzCe que demandent les faux sites
Numéro CNIBENuméro CNIBE + carte bancaire
Numéro de téléphoneIdentifiants CCP ou e-banking
Confirmation par SMSPaiement immédiat en ligne
Reçu à conserverAucun document officiel généré

Le signal d’alarme est donc simple et concret : si le site où vous vous inscrivez demande vos coordonnées bancaires, ce n’est pas adhahi.dz.

Le profil des victimes : ni naïves, ni négligentes

Il serait injuste — et inexact — de réduire les victimes de ces arnaques à des personnes peu éduquées ou imprudentes. Les études sur le phishing, y compris celles documentées dans le cadre algérien par la BNA, montrent que les victimes les plus fréquentes sont des utilisateurs actifs du web, habitués aux transactions en ligne, mais surpris dans un moment d’urgence ou de forte sollicitation.

L’Aïd El-Adha crée précisément ce contexte : la pression du temps (les places sont limitées), la nouveauté du service, et la diffusion massive de liens non vérifiés par des proches bien intentionnés. Recevoir un lien de sa mère ou de son voisin avec le message « c’est le lien pour réserver » crée une confiance automatique que les fraudeurs anticipent.

En janvier 2026, la Gendarmerie nationale a démantelé à Alger un réseau qui avait collecté les données de plus de 400 cartes bancaires étrangères via des plateformes numériques falsifiées — preuve que ce type d’opération est désormais industrialisé en Algérie, pas l’œuvre de simples opportunistes.

Ce que l’État fait — et ce qui manque encore

Depuis mai 2025, le ministère de la Poste et des Télécommunications a lancé une campagne nationale de sensibilisation à l’escroquerie en ligne. Algérie Poste a, de son côté, publié plusieurs alertes sur les faux concours et les usurpations d’identité numérique. La cellule de lutte contre la cybercriminalité de la Gendarmerie nationale reçoit et traite des signalements. Le cadre légal existe : la loi n° 18-05 sur le commerce électronique et les dispositions pénales sur la fraude informatique permettent des poursuites.

Mais il y a un décalage visible entre le rythme de déploiement des services numériques et celui de la sensibilisation. Adhahi.dz a été lancé dans l’urgence, avec peu de communication officielle sur ce que le site demande exactement — et surtout sur ce qu’il ne demande pas. Les communiqués du ministère présentaient les fonctionnalités et les prix, pas les risques de fraude associés. L’alerte de l’APOCE est venue combler ce vide, mais après que les faux sites étaient déjà en circulation.

C’est une leçon concrète pour les prochains déploiements : tout lancement de service public numérique à forte audience devrait s’accompagner, dès le premier jour, d’une communication explicite sur les données demandées et celles qui ne le seront jamais.


Si vous avez déjà saisi vos données : agir dans les minutes qui suivent

Pour ceux qui ont utilisé adhahi.dz sans incident, la règle reste : accéder uniquement via l’URL tapée manuellement, ne jamais cliquer sur un lien reçu par message, et conserver précieusement le reçu de confirmation pour le jour du rendez-vous.

Pour ceux qui ont saisi des données bancaires sur un site dont ils ne sont plus sûrs, les actions prioritaires sont :

  • Appeler immédiatement Algérie Poste ou sa banque pour bloquer la carte ou le compte CCP concerné — chaque minute compte
  • Changer les mots de passe de tout compte lié à l’adresse e-mail ou au numéro de téléphone utilisés
  • Déposer un signalement auprès de la Gendarmerie nationale ou de la Police judiciaire, en conservant une capture d’écran du faux site
  • Prévenir les contacts qui ont peut-être reçu le même lien frauduleux

Ce que cette affaire dit de la transition numérique algérienne

Adhahi.dz n’est pas un cas à part. C’est le reflet d’une tension réelle dans la transformation numérique de l’administration algérienne : les plateformes arrivent vite, utiles, parfois bien conçues — mais elles précèdent la culture numérique qui devrait les accompagner. Les Algériens apprennent à utiliser ces outils en même temps qu’ils apprennent à s’en méfier, et les fraudeurs occupent l’espace entre les deux.

La solution n’est ni de ralentir la numérisation, ni de culpabiliser les victimes. Elle est d’intégrer la sécurité numérique comme composante obligatoire de chaque service lancé : un numéro vert dédié, un message clair sur ce que le site demande, une présence proactive sur les réseaux sociaux pour contrer les faux liens avant qu’ils ne se propagent.

Pour l’heure, la règle d’or reste valable : adhahi.dz ne vous demandera jamais votre numéro de carte bancaire pour vous inscrire. Tout site qui le fait est un faux.

Karim Messaoudi

Karim Messaoudi est un journaliste d'investigation algérien fort de 14 ans d'expérience dans le traitement de l'information politique, économique et sociale. Collaborateur régulier d'Algerie Focus News, il a signé à ce jour 138 articles répartis sur six rubriques éditoriales, faisant de lui l'une des plumes les plus actives et les plus rigoureuses du site. Sa démarche journalistique se distingue par une approche analytique approfondie, une diversité de sources vérifiables et un ancrage fort dans les réalités du terrain algérien et maghrébin. Formation académique Le parcours de Karim Messaoudi repose sur des bases académiques solides. Il est titulaire d'une Licence en Sciences de l'Information et de la Communication obtenue à l'École Nationale Supérieure de Journalisme et des Sciences de l'Information (ENSJSI) d'Alger, établissement de référence pour la formation des futurs journalistes en Algérie. Il a ensuite poursuivi ses études supérieures avec l'obtention d'un Master en Journalisme et Communication à l'Université d'Alger 3, où il a approfondi les techniques d'enquête, l'analyse des médias, l'éthique professionnelle et les méthodologies du journalisme de données. Cette double formation lui a permis de conjuguer rigueur académique et maîtrise des pratiques rédactionnelles modernes, lui conférant une vision à la fois théorique et opérationnelle du métier. Domaines d'expertise Au fil de ses 14 années d'exercice, Karim Messaoudi s'est spécialisé dans quatre grands domaines de couverture : Politique algérienne : suivi des dynamiques institutionnelles, des élections, des rapports de force partisans et des grandes réformes de l'État algérien. Économie pétrolière : analyse experte du secteur des hydrocarbures, de l'évolution de Sonatrach, de la rente pétrolière et de la politique de diversification économique nationale. Affaires sociales : enquêtes documentées sur les conditions de vie, les inégalités, le marché du travail et les mutations du tissu social en Algérie. Diplomatie maghrébine : couverture des relations bilatérales entre les États de la région, des tensions géopolitiques et des perspectives d'intégration dans l'espace euro-méditerranéen. Sa production éditoriale reflète cet équilibre thématique : 49 articles en Actualités, 47 en Algérie, 16 en Économie, 7 sur la France, 4 en Politique et 3 en International. Accréditations officielles Karim Messaoudi est titulaire de la carte de presse professionnelle n°2847, délivrée par les autorités compétentes, confirmant son statut de journaliste professionnel à part entière. Depuis 2018, il bénéficie également d'une accréditation officielle du Ministère algérien de la Communication, lui ouvrant l'accès aux conférences de presse institutionnelles, aux sources gouvernementales et aux événements officiels de premier plan. Ces accréditations constituent une garantie de sérieux et de légitimité professionnelle auprès de ses lecteurs comme de ses interlocuteurs. Affiliations professionnelles Karim Messaoudi est membre actif de deux organisations professionnelles de référence : Syndicat National des Journalistes Algériens (SNJA) — structure représentative qui défend les droits, les conditions de travail et les libertés des journalistes algériens. Forum des Journalistes Algériens (FJA) — plateforme de réflexion et d'échange sur les pratiques journalistiques, l'éthique de l'information et le développement des médias numériques en Algérie. Son appartenance à ces deux organisations témoigne de son engagement envers les valeurs fondamentales du journalisme : indépendance, transparence et responsabilité éditoriale. Prix et distinctions Le travail de Karim Messaoudi a été reconnu à l'échelle internationale : il a reçu une mention spéciale de Reporters Sans Frontières (RSF), l'une des organisations les plus respectées dans le domaine de la défense de la liberté de la presse à travers le monde. Cette distinction salue la qualité de ses enquêtes, leur impact sur le débat public et l'engagement éthique qui les sous-tend — une reconnaissance rare qui place Karim Messaoudi parmi les journalistes algériens les plus en vue de sa génération. Présence numérique et engagement éditorial Conscient des enjeux du journalisme numérique, Karim Messaoudi est actif sur l'ensemble des principales plateformes digitales — Twitter/X, LinkedIn, Facebook, Instagram et YouTube — où il partage ses analyses, interagit avec son lectorat et nourrit le débat public en temps réel. 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