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Marché noir des devises en Algérie : l’euro stable à 277 dinars ce 6 mars 2026

Marché noir des devises en Algérie : l’euro stable à 277 dinars ce 6 mars 2026

Le marché noir des devises en Algérie montre une stabilité remarquable ce vendredi 6 mars 2026. L’euro s’échange à environ 277 dinars à la vente et 275 dinars à l’achat, des niveaux identiques à ceux de la veille. Cette accalmie suit une période de fluctuations légères en début de mois, avec un euro qui reste sous la barre symbolique des 280 dinars.

Ce phénomène illustre les tensions persistantes entre le taux officiel, fixé autour de 151,60 dinars à la vente, et le parallèle, créant un écart colossal de plus de 120 dinars. Pourquoi cette disparité ? Elle reflète une demande soutenue en devises étrangères pour les importations et les voyages, malgré les efforts des autorités pour contrôler les flux. Dans cet article, nous analysons l’évolution récente, les causes profondes et les mesures en cours, en nous appuyant sur des sources fiables comme Voyagerdz et des analyses économiques.

Évolution récente des taux sur le marché noir

Les cours de l’euro au marché noir ont connu une tendance à la baisse progressive depuis le début mars. Le 1er mars, il atteignait 280 dinars à la vente et 277-278,5 dinars à l’achat. Le 2 mars, la fourchette se resserrait à 278-279,5 dinars à la vente et 276-276,5 à l’achat.

Le 3 mars, légère stabilité entre 276 et 278 dinars à la vente. Le 4 mars confirmait cette tendance avec 276-279 dinars à la vente et 273-276 à l’achat. Enfin, le 5 et 6 mars marquent une pause à 277/275.

Voici un tableau récapitulatif des taux à la vente (en dinars pour 1 euro) :

DateTaux à la vente (DZD)Taux à l’achat (DZD)Source
1er mars 2026280277-278,5
2 mars 2026278-279,5276-276,5
3 mars 2026276-278273-274
4 mars 2026276-279273-276
5 mars 2026277275
6 mars 2026277275​ ​

Cette stabilité relative contraste avec les hausses antérieures, comme fin février où l’euro flirtait avec 281 dinars.

Comparaison avec le marché officiel

L’écart entre les deux marchés reste abyssal. Officiellement, la Banque d’Algérie cote l’euro à 151,60 dinars à la vente et 151,56 à l’achat au 5 mars. Des sites comme Wise confirment un taux autour de 152 DZD par euro.

Cet hiatus de plus de 120 dinars s’explique par le contrôle strict des changes officiels. Les citoyens et entreprises peinent à obtenir des devises via les banques, se tournant vers le parallèle. Résultat : une dépréciation effective du dinar sur le terrain quotidien.

Causes de la persistance du marché noir

Plusieurs facteurs alimentent cette situation. D’abord, une demande accrue en euros pour les importations, notamment de véhicules neufs ou de moins de trois ans, qui nécessite des devises en liquide. Les voyageurs et la diaspora contribuent aussi, malgré les plafonds d’exportation fixés à 7500 euros par an.

Ensuite, la réduction des apports de la diaspora due à l’interdiction des paiements en espèces pour l’immobilier ou les voitures. Les tensions géopolitiques régionales, comme les craintes au Proche-Orient, ont temporairement freiné les flux, mais la demande structurelle reprend.

Enfin, la faible productivité nationale et la dépendance aux hydrocarbures limitent l’offre de devises. Des économistes comme Brahim Guendouzi pointent cinq raisons clés : voyages, importations privées, et manque d’accès bancaire.

  • Demande pour véhicules importés.
  • Importations informelles de produits (smartphones, etc.).
  • Voyages et besoins personnels.
  • Réduction des transferts officiels.
  • Incertitudes géopolitiques.

Mesures gouvernementales contre le parallèle

Les autorités algériennes multiplient les initiatives. Depuis 2025, interdiction des espèces pour immobilier, véhicules et assurances, favorisant les circuits bancaires. Un triple contrôle des importations vise à réguler les flux.

La Banque d’Algérie plafonne les exports de devises et renforce les outils numériques pour les transferts. Le député Mohamed Hani insiste sur l’implication collective pour assécher le noir. Pourtant, ces mesures peinent à combler l’écart, faute de production locale accrue.

Impacts économiques et sociaux

Cette dualité pèse sur l’économie. Les importateurs surfacturent pour compenser, gonflant les prix. Les ménages subissent une inflation importée, rendant les biens courants plus chers.

Socialement, le marché noir au Square Port-Saïd ou ailleurs devient un baromètre informel de la confiance économique. Experts appellent à une libéralisation progressive pour aligner les taux.

En mars 2026, la stabilité actuelle offre un répit, mais sans réformes profondes, les risques de nouvelles hausses persistent.

Perspectives et incertitudes à venir

La stabilité de l’euro à 277 dinars ce 6 mars pourrait perdurer si la demande reste modérée. Cependant, la saison des voyages d’été ou des tensions régionales pourraient relancer les fluctuations.

Les observateurs surveillent les annonces de la Banque d’Algérie et l’évolution des hydrocarbures, principal pourvoyeur de devises. Une hausse des transferts de la diaspora ou une diversification économique atténuerait la pression.

Reste ouverte la question : le gouvernement parviendra-t-il à intégrer le parallèle dans l’officiel sans choc ? Les prochains jours diront si cette accalmie marque un tournant.

Karim Messaoudi

Karim Messaoudi est un journaliste d'investigation algérien fort de 14 ans d'expérience dans le traitement de l'information politique, économique et sociale. Collaborateur régulier d'Algerie Focus News, il a signé à ce jour 138 articles répartis sur six rubriques éditoriales, faisant de lui l'une des plumes les plus actives et les plus rigoureuses du site. Sa démarche journalistique se distingue par une approche analytique approfondie, une diversité de sources vérifiables et un ancrage fort dans les réalités du terrain algérien et maghrébin. Formation académique Le parcours de Karim Messaoudi repose sur des bases académiques solides. Il est titulaire d'une Licence en Sciences de l'Information et de la Communication obtenue à l'École Nationale Supérieure de Journalisme et des Sciences de l'Information (ENSJSI) d'Alger, établissement de référence pour la formation des futurs journalistes en Algérie. Il a ensuite poursuivi ses études supérieures avec l'obtention d'un Master en Journalisme et Communication à l'Université d'Alger 3, où il a approfondi les techniques d'enquête, l'analyse des médias, l'éthique professionnelle et les méthodologies du journalisme de données. Cette double formation lui a permis de conjuguer rigueur académique et maîtrise des pratiques rédactionnelles modernes, lui conférant une vision à la fois théorique et opérationnelle du métier. Domaines d'expertise Au fil de ses 14 années d'exercice, Karim Messaoudi s'est spécialisé dans quatre grands domaines de couverture : Politique algérienne : suivi des dynamiques institutionnelles, des élections, des rapports de force partisans et des grandes réformes de l'État algérien. Économie pétrolière : analyse experte du secteur des hydrocarbures, de l'évolution de Sonatrach, de la rente pétrolière et de la politique de diversification économique nationale. Affaires sociales : enquêtes documentées sur les conditions de vie, les inégalités, le marché du travail et les mutations du tissu social en Algérie. Diplomatie maghrébine : couverture des relations bilatérales entre les États de la région, des tensions géopolitiques et des perspectives d'intégration dans l'espace euro-méditerranéen. Sa production éditoriale reflète cet équilibre thématique : 49 articles en Actualités, 47 en Algérie, 16 en Économie, 7 sur la France, 4 en Politique et 3 en International. Accréditations officielles Karim Messaoudi est titulaire de la carte de presse professionnelle n°2847, délivrée par les autorités compétentes, confirmant son statut de journaliste professionnel à part entière. Depuis 2018, il bénéficie également d'une accréditation officielle du Ministère algérien de la Communication, lui ouvrant l'accès aux conférences de presse institutionnelles, aux sources gouvernementales et aux événements officiels de premier plan. Ces accréditations constituent une garantie de sérieux et de légitimité professionnelle auprès de ses lecteurs comme de ses interlocuteurs. Affiliations professionnelles Karim Messaoudi est membre actif de deux organisations professionnelles de référence : Syndicat National des Journalistes Algériens (SNJA) — structure représentative qui défend les droits, les conditions de travail et les libertés des journalistes algériens. Forum des Journalistes Algériens (FJA) — plateforme de réflexion et d'échange sur les pratiques journalistiques, l'éthique de l'information et le développement des médias numériques en Algérie. Son appartenance à ces deux organisations témoigne de son engagement envers les valeurs fondamentales du journalisme : indépendance, transparence et responsabilité éditoriale. 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