Tunisair en rade : quand un bug informatique cloue des centaines de passagers au sol à Tunis-Carthage

Tunis, 14 avril 2026 — Mardi matin, 6h30. Les comptoirs d'enregistrement de l'aéroport Tunis-Carthage ressemblent à une salle d'attente de daïra un jour de pic. Sauf qu'ici, personne ne sait combien…

Comptoirs d'enregistrement Tunisair à l'aéroport Tunis-Carthage lors de la panne informatique du 14 avril 2026

Tunis, 14 avril 2026 — Mardi matin, 6h30. Les comptoirs d’enregistrement de l’aéroport Tunis-Carthage ressemblent à une salle d’attente de daïra un jour de pic. Sauf qu’ici, personne ne sait combien de temps ça va durer. Les agents Tunisair fixent leurs écrans noirs. Le système d’enregistrement de la compagnie nationale tunisienne est planté. Net. Complet. Et les vols, eux, partent quand même.

Ce qui s’est passé concrètement

La panne a touché le logiciel centralisé de check-in de Tunisair, utilisé dans l’ensemble des aéroports tunisiens. Résultat : impossible d’éditer les cartes d’embarquement, de vérifier les réservations, d’attribuer les sièges. Certains agents ont tenté de basculer sur des procédures manuelles — une méthode d’un autre âge, lente, source d’erreurs et totalement inadaptée au volume de passagers d’un hub régional .

Des vols ont décollé avec retard. D’autres ont attendu sur le tarmac. Les passagers en correspondance vers Paris, Lyon ou Montréal ont retenu leur souffle — et pour certains, en vain .

Communiqué de façade

Tunisair a sorti, comme à son habitude, un communiqué poli. La compagnie parle d’un « incident technique », présente ses excuses et assure que ses équipes sont « mobilisées ». Ce type de communiqué, rédigé en vingt minutes et publié deux heures après le début de la crise, ne dit rien sur la nature réelle de la panne, ni sur les passagers déjà lésés, ni sur les mesures de compensation concrètes.

Aucun chiffre. Aucun nom de responsable. Aucun délai précis.

La mémoire courte de Tunisair

En novembre 2024, la compagnie avait annulé plusieurs vols en cascade depuis Nice et Bruxelles à cause de pannes sur des appareils, laissant des centaines de passagers bloqués pendant plus de 24 heures sans hébergement ni remboursement immédiat. À l’époque, des scènes de tension physique avaient éclaté à Tunis-Carthage. Moins de dix-huit mois plus tard, c’est le système informatique au sol qui lâche.

Ce n’est pas une malchance. C’est un pattern.

La vraie question : qui prend encore Tunisair ?

Pour les Algériens qui transitent par Tunis — notamment les étudiants en France, les familles de la diaspora ou les hommes d’affaires vers l’Afrique subsaharienne — cette panne relance une question très pratique : vaut-il encore le coup de prendre Tunisair pour une correspondance serrée ? Le prix du billet est compétitif, certes. Mais le coût d’un vol raté, d’une nuit d’hôtel imprévue à Tunis ou d’un rendez-vous manqué à Paris, lui, ne figure dans aucun tarif affiché sur le site de la compagnie.

Air Algérie traîne ses propres casseroles — personne ne l’ignorera ici. Mais au moins, quand le bug vient d’Alger, on est chez soi.