Le président Abdelmadjid Tebboune a récemment confirmé des hausses salariales en Algérie, dont une augmentation du salaire national minimum garanti (SNMG) à 24 000 dinars algériens (DA) dès janvier 2026. Ces mesures interviennent alors que les citoyens s’interrogent sur le timing et l’ampleur de ces revalorisations, promises depuis plusieurs années pour contrer l’inflation et soutenir le pouvoir d’achat. Dans un contexte budgétaire tendu, avec des fonds orientés vers de grands projets d’infrastructure, les travailleurs se demandent si ces augmentations suffiront à compenser la hausse des prix. Cet article examine les faits, le contexte économique et les réactions, en s’appuyant sur des sources officielles et récentes.
Contexte des Promesses de Tebboune
Abdelmadjid Tebboune, réélu en 2024, avait annoncé dès mars 2024 une hausse globale des salaires de 53% d’ici 2026-2027, complétant les 47% déjà accordés entre 2023 et 2024. Ces engagements visent à doubler les salaires des fonctionnaires, soutenus par une croissance du PIB attendue à plus de 400 milliards de dollars. En septembre 2025, il a réitéré ces promesses lors d’une rencontre avec la presse, insistant sur des « engagements écrits ».
Récemment, le 30 novembre 2025, le Conseil des ministres a acté l’augmentation du SNMG de 20 000 à 24 000 DA, effective au 1er janvier 2026, via le décret présidentiel n° 26-01 publié au Journal officiel. Cette mesure bénéficie à des centaines de milliers de salariés du secteur privé. Par ailleurs, l’allocation chômage passe de 15 000 à 18 000 DA, avec une possible extension à deux ans.
État des Finances Publiques
Les critiques pointent des « caisses de l’État vides », mais les chiffres montrent un budget record pour 2026, dépassant 136 milliards de dollars. La masse salariale augmente de 83 milliards de DA (1,4%), atteignant 5 926 milliards de DA. Le déficit budgétaire diminue de 43%, de 9 221 à 5 186 milliards de DA, grâce à une diversification économique.
Cependant, une part importante des ressources finance des projets stratégiques comme les infrastructures ferroviaires, le dessalement d’eau et l’industrie. Les salaires publics représentent un tiers des dépenses, soit 45 milliards de dollars. Cette priorisation suscite des débats : les travailleurs craignent que les hausses ne soient diluées par ces investissements.
| Indicateur Budgétaire 2026 | Valeur (milliards DA) | Évolution vs 2025 |
|---|---|---|
| Masse salariale totale | 5 926 | +83 (+1,4%) |
| Déficit budgétaire | 5 186 | -43% |
| Dépenses totales | >136 milliards USD | Hausse historique |
Inflation et Pouvoir d’Achat
L’inflation en Algérie ralentit fortement. À fin octobre 2025, elle s’établit à 1,7% en glissement annuel, contre 2,2% en septembre. L’ONS prévoit 1,3% pour 2026, aidé par la stabilité des prix mondiaux et une production locale accrue. En août 2025, elle était même négative à -1,36%.
Malgré cela, les ménages ressentent une érosion du pouvoir d’achat due aux hausses passées. La revalorisation du SNMG à 24 000 DA (taux horaire : 138,46 DA pour 173 heures/mois) vise à protéger les bas salaires. Mais une hausse des carburants en janvier 2026 pourrait relancer l’inflation via les transports.
- Baisse des prix alimentaires et agricoles en 2025.
- Inflation sous 4%, contre deux chiffres ailleurs.
- Soutien via transferts sociaux : 2 284 milliards DA.
Réactions des Acteurs Sociaux
Les syndicats saluent globalement l’augmentation du SNMG, la qualifiant de « positive pour le pouvoir d’achat ». Des experts soulignent son impact sur les retraités et allocations. Cependant, certains regrettent une hausse modeste (20%), loin des 40 000 DA minimaux pour un ménage décent.
Le gouvernement met en avant la stabilité sociale, avec des bourses étudiantes et pensions aussi revalorisées. Les citoyens, via les réseaux, expriment un scepticisme : « Où est l’augmentation promise ? » face aux projets pharaoniques.
Enjeux et Perspectives pour 2026
Ces hausses s’inscrivent dans une stratégie de justice sociale, mais posent des questions sur la soutenabilité. Avec un PIB en hausse et une inflation maîtrisée, l’Algérie vise l’émergence. Des revalorisations supplémentaires sont prévues en 2026-2027 pour atteindre les 53% cumulés.
Les défis persistent : impact des prix énergétiques mondiaux, chômage jeune et inégalités régionales. Le gouvernement charge le ministre du Travail de réviser les allocations.
En conclusion, les promesses de Tebboune se concrétisent avec le SNMG à 24 000 DA et des budgets en hausse, malgré les priorités projets. L’inflation basse offre un répit, mais les travailleurs attendent des effets tangibles sur leur quotidien. Perspectives : poursuite des augmentations si croissance maintenue, sinon risques de tensions sociales. Reste à voir si ces mesures équilibreront finances publiques et besoins populaires en 2026.


