Annoncé comme une mesure salvatrice pour l’économie nationale, l’emprunt obligataire est finalement détourné de sa vocation initiale.
Destiné à financer des projets économiques viables, il a finalement été utilisé, de l’aveu même du gouvernement, à combler une partie du déficit budgétaire qui a crû de 70% sur les six premiers mois de l’année en cours. «L’emprunt national pour la croissance économique (ENCE), lancé en avril dernier pour une durée de souscription de six mois, a contribué à financer le déficit avec 317,62 mds de DA, soit une couverture à hauteur de 18%», a annoncé le ministère des Finances.
Pourtant, lors de son lancement, le gouvernement avait assuré aux citoyens que l’emprunt était destiné à financer des projets économiques. L’ancien ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, avait même précisé que cet argent n’allait pas être destiné à financer des écoles ou des hôpitaux. Une information qui vient d’être démentie par le ministère des Finances.
Par ailleurs, le déficit du Trésor public s’est accentué durant les six premiers mois de cette année, précise le ministère des Finances. Ce déficit, qui représente le total du solde budgétaire, des comptes d’affectation et des opérations du Trésor, s’est exactement établi à 1.768,98. Une situation qui ne risque pas de s’arranger l’an prochain.
Essaïd Wakli
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