Le taux de l’euro sur le marché noir des devises en Algérie continue de grimper doucement. Ce lundi 9 mars 2026, il s’approche dangereusement du seuil symbolique des 280 dinars, après une période de stabilité relative. Les applications spécialisées comme Change DA, Change Dinar et Square Alger indiquent des cotations entre 278,5 et 279 dinars à la vente, et 276 à 277 dinars à l’achat. Cette tendance confirme une remontée progressive amorcée fin semaine dernière, dans un contexte d’écart persistant avec le marché officiel, où l’euro vaut environ 152 dinars.
Cette évolution préoccupe les acteurs économiques algériens. Elle reflète les tensions sur le marché parallèle, alimentées par une demande soutenue en devises étrangères pour les importations et les voyages. Pourquoi cette hausse ? Quels impacts pour les Algériens ? Cet article décrypte les faits, le contexte et les perspectives, en s’appuyant sur des sources fiables et récentes.
Évolution récente des taux sur le marché noir
L’euro a connu une stabilité ces derniers jours avant cette légère accélération. Le 8 mars, il s’échangeait à 278 dinars à la vente et 275 dinars à l’achat. Les 7, 6 et 5 mars, les taux restaient fixes autour de 277 dinars à la vente et 275 dinars à l’achat, signe d’un équilibre temporaire.
Plus tôt dans le mois :
- Le 4 mars : 276-279 dinars à la vente, 273-276 à l’achat.
- Le 3 mars : 276-278 dinars à la vente, 273-274 à l’achat.
Cette zone entre 276 et 279 dinars domine depuis début mars, mais la barre des 280 dinars semble à portée de main. Les cambistes d’Alger, au Square Port-Saïd notamment, notent une pression acheteuse modérée qui pousse les cours vers le haut.
Comparaison avec le marché officiel
L’écart entre les deux marchés reste abyssal. Le 9 mars, la Banque d’Algérie cotait l’euro à 151,93 dinars à la vente et 151,89 à l’achat. Cela représente plus de 120 dinars de différence, soit près du double !
Voici un tableau récapitulatif des taux du 9 mars 2026 :
| Marché | Achat (DZD) | Vente (DZD) | Écart (DZD) |
|---|---|---|---|
| Officiel | 151,89 | 151,93 | – |
| Noir (min) | 276 | 278,5 | 126,57 |
| Noir (max) | 277 | 279 | 127,07 |
Cet hiatus illustre les limites du circuit officiel, saturé par les besoins en devises. Des sources comme Trading Economics confirment une dépréciation progressive du dinar face au dollar aussi, avec un USD/DZD à 131,34 le 6 mars.
Facteurs expliquant la hausse de l’euro
Plusieurs raisons poussent l’euro vers le haut sur le marché noir. D’abord, une demande accrue en devises pour les importations de véhicules et biens de consommation, malgré les restrictions officielles. Les voyages à l’étranger, y compris pour l’Omra, boostent aussi les besoins.
Ensuite, la rareté de l’offre via les banques officielles accentue la pression. Les experts comme M. Mazari soulignent des facteurs saisonniers et structurels : reprise des importations et faible diversification économique. Au début du mois, l’euro dépassait même les 280 dinars le 1er mars, avant un repli temporaire.
Enfin, la psychologie du marché joue : les cambistes ajustent les prix à l’offre-demand, créant une volatilité rapide. Contrairement au marché officiel, stable autour de 152 dinars, le parallèle réagit en temps réel.
Impacts sur l’économie algérienne et les citoyens
Cette dépréciation du dinar sur le noir pèse lourd. Les importateurs informels paient plus cher leurs marchandises, ce qui renchérit les prix au détail : électronique, habillement, pièces auto. Pour les particuliers, voyager coûte plus : un billet d’avion ou un séjour à l’étranger grignote plus d’économies.
Les entreprises formelles souffrent aussi, car elles doivent concurrencer des prix gonflés par le noir. L’État perd en recettes fiscales et contrôle monétaire. Des analystes notent que cet écart décourage les investissements étrangers et alimente l’inflation importée.
- Consommateurs : Hausse des prix des produits importés.
- Voyageurs : Coût des changes officiels trop bas, poussant vers le noir.
- Économie : Pression sur les réserves de change de la Banque d’Algérie.
Réactions des autorités et perspectives
Les autorités algériennes surveillent de près. La Banque d’Algérie maintient un taux fixe pour stabiliser, mais sans annonces récentes de mesures choc au 10 mars. Des campagnes contre le marché noir se multiplient, avec des arrestations sporadiques à Alger.
Pour l’avenir, une stabilisation dépendra de l’augmentation des exportations hors hydrocarbures et d’une meilleure offre de devises. Si la tendance haussière persiste, l’euro pourrait franchir les 280 dinars d’ici fin mars, creusant l’écart à plus de 128 dinars. Les économistes appellent à des réformes structurelles pour réduire la dépendance au noir.
En conclusion, l’euro qui se rapproche des 280 dinars sur le marché noir symbolise les défis persistants de l’économie algérienne. Cette hausse progressive, confirmée par les apps Change DA et Square Alger, met en lumière un écart record avec le officiel à 152 dinars. Elle impacte directement le quotidien des Algériens via l’inflation et les coûts d’importation.
Quelles mesures prendra la Banque d’Algérie ? La demande en devises va-t-elle s’apaiser avec la fin de l’hiver ? Ces questions ouvertes appellent une vigilance accrue. Suivez les évolutions pour anticiper les prochains seuils critiques.