Ce mardi 17 mars 2026, l’Algérie entre officiellement dans la phase d’exploitation du gisement géant de zinc‑plomb d’Amizour, situé dans la wilaya de Béjaïa. Le Premier ministre Sifi Ghrieb s’est déplacé sur place pour donner le coup d’envoi symbolique des travaux d’extraction et de valorisation de ce gisement classé parmi les plus importants au monde en matière de zinc. Ce projet vise à produire chaque année 170 000 tonnes de concentré de zinc et 30 000 tonnes de plomb, dans le cadre d’une stratégie nationale de diversification économique hors hydrocarbures.
Au‑delà de l’événement protocolaire, ce lancement marque une étape décisive pour le secteur minier algérien : il s’inscrit dans la volonté affichée par le président Abdelmadjid Tebboune de « concrétiser » en 2026 plusieurs grands projets miniers, dont la mine de zinc‑plomb de Tala Hamza‑Oued Amizour.
Un gisement stratégique dans la wilaya de Béjaïa
Le gisement exploité se situe à la frontière des daïras de Tichy et d’Amizour, réparti entre les communes de Tala Hamza et d’Amizour, près du village d’Aït Bouzid (Izghaïne), sur une superficie d’environ 234 hectares. Il s’agit d’un gisement polymétallique de zinc et de plomb, dont les réserves exploitable sont estimées à quelque 34 millions de tonnes, ce qui le place parmi les plus grands gisements de ce type au monde.
Ce projet, longtemps annoncé comme prioritaire, est considéré comme une « pierre angulaire » du développement industriel hors hydrocarbures. Les autorités soulignent qu’il vise à réduire la facture d’importation de minerais, à accroître les revenus en devises et à diversifier les bases économiques du pays.
Le coup d’envoi officiel par le Premier ministre Sifi Ghrieb
C’est le Premier ministre Sifi Ghrieb, chargé par le président de la République, qui a présidé la cérémonie de lancement des travaux d’exploitation et de valorisation de la mine de zinc‑plomb d’Oued Amizour, mardi 17 mars 2026 à Béjaïa. Cette visite de travail a été l’occasion de rappeler l’importance stratégique du projet pour l’ensemble du secteur minier national et pour l’économie de la wilaya de Béjaïa.
En donnant le coup d’envoi, le Premier ministre a inscrit formellement le projet dans la phase opérationnelle, après plusieurs années de préparation administrative, juridique et technique. Les médias officiels soulignent que ce calendrier a été imposé par le président Tebboune, qui a fixé l’entrée en exploitation au mois de mars 2026 lors d’un Conseil des ministres.
Chiffres clés : production, investissement et durée du projet
Les chiffres annoncés pour le gisement d’Amizour confirment son caractère industriel de grande ampleur :
- Réserves exploitable : environ 34 millions de tonnes de minerai polymétallique (zinc‑plomb).
- Production annuelle escomptée : 170 000 tonnes de concentré de zinc et 30 000 tonnes de concentré de plomb.
- Durée de vie estimée : environ 19 années de production.
- Teneur du minerai : autour de 4% de zinc et moins de 1,5% de plomb, ce qui nécessite une usine de traitement et de concentration performante.
L’investissement global consenti pour le projet est évalué à quelque 471 millions de dollars, selon les sources économiques spécialisées. Ce montant couvre la mise en place de la mine souterraine, des infrastructures de surface, de l’usine de valorisation et des réseaux de transport et d’énergie.
Acteurs et partenariats porteurs du projet
Le gisement d’Amizour est exploité par une joint‑venture algéro‑australienne, Western Mediterranean Zinc (WMZ), qui a obtenu le permis d’exploitation et mène le projet avec la société nationale Sonarem, partenaire local. Un contrat clé a été signé en novembre 2024 entre WMZ et la société chinoise Sinosteel pour la réalisation de la mine et la construction de l’usine de traitement.
Ce type de partenariat illustre la volonté algérienne de combiner compétences étrangères en ingénierie minière et implication d’entreprises nationales pour maximiser la création de valeur locale. Les autorités insistent également sur le fait que les procédures légales et contractuelles ont été finalisées, ce qui a permis de « libérer la voie » vers l’exploitation effective.
Emplois, retombées économiques et impact local
Sur le plan socio‑économique, le projet d’Amizour est présenté comme un véritable moteur pour la région de Béjaïa. Des études et communiqués officiels annoncent :
- Environ 786 emplois directs liés à la mine et à l’usine de valorisation.
- Plus de 4 000 emplois indirects dans les secteurs de la construction, de la logistique, des services et de l’industrie de complémentarité.
Les autorités locales et nationales soulignent que la concrétisation de ce projet devrait stimuler l’économie locale, améliorer les infrastructures et renforcer l’attractivité industrielle de la wilaya de Béjaïa. Concrètement, on s’attend à une hausse de la demande pour des biens et services locaux, ainsi qu’à des investissements complémentaires dans le transport, l’énergie et l’artisane minier.
Environnement, gouvernance et réserves des habitants
Le dossier minier de Tala Hamza‑Amizour est régulièrement scruté sur le plan environnemental. Les autorités assurent que le projet respecte les normes en matière de protection de l’environnement et de gestion des déchets miniers, avec des procédés de traitement et de valorisation censés limiter l’empreinte sur les écosystèmes locaux. Les experts cités par la presse spécialisée insistent toutefois sur la nécessité de contrôles rigoureux, compte tenu de la teneur relativement faible du minerai et de la complexité des procédés de concentration.
Par ailleurs, certains observateurs craignent une forme de « militarisation » ou de contrôle accru de l’espace autour de la mine, en lien avec la sensibilité politique de la région. D’une façon plus générale, les habitants de la région attendent que les retombées promises (emplois, revenus, services) soient réellement tangibles et réparties de manière transparente.
Perspectives et questions qui restent en suspens
Avec le lancement effectif de l’exploitation en mars 2026, l’Algérie s’inscrit dans une « année de concrétisation » de grands projets miniers, aux côtés de citez‑mois comme la mine de fer de Gara Djebilet et d’autres projets de ligne minière et de port. Pour la première fois depuis des années, le pays peut donc exporter non seulement des hydrocarbures, mais aussi des métaux de base comme le zinc et le plomb, sur des marchés internationaux porteurs.
Deux questions restent importantes à surveiller :
- La capacité réelle du projet à atteindre ses objectifs de production annuelle et de rentabilité à long terme.
- La manière dont les bénéfices seront réinjectés dans l’économie nationale et régionale, notamment en termes d’investissements industriels, de formation professionnelle et de maîtrise technologique.
Dans ce contexte, le gisement d’Amizour ne sera intéressant que si sa réussite technique se transforme en succès industriel et social, au‑delà d’un simple discours sur les ressources naturelles
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