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Pluies du 13 avril : un mort à Chlef, un disparu à Boumerdès, des routes coupées des Aurès à la Mitidja

Protection civile algérienne en intervention lors des inondations d'avril 2026 à Boumerdès

Alger — Pas de répit pour les équipes de la Protection civile. Lundi, les précipitations qui ont arrosé le nord du pays ont fait un mort, laissé un homme porté disparu et contraint des dizaines d’équipes à intervenir d’Oum El Bouaghi à Boumerdès, en passant par Tébessa et Saïda.

Benaïria : emporté par l’oued El Falaquia

C’est à Chlef, dans la commune de Benaïria, que le bilan humain s’est alourdi en premier. Un homme de 50 ans a été entraîné par le courant de l’oued El Falaquia. Son corps a été repêché par les secouristes et transféré au service de médecine légale. Aucun nom n’a encore été communiqué par les autorités locales.

À Boumerdès, les recherches se poursuivaient en soirée dans le quartier Bouchroucha, où un homme a été emporté par l’oued Tartariq. Les plongeurs de la Protection civile ont inspecté les berges sans résultat pour l’heure.

70 mm en quelques heures : des infrastructures à genoux

Avec des cumuls dépassant les 70 millimètres en quelques heures sur certaines zones côtières, ce ne sont pas seulement des caves et des garages qui ont été inondés. À Boumerdès, les secouristes ont extrait deux automobilistes bloqués sur la RN24A, avant de pomper les eaux d’une coopérative agricole, d’un centre de santé et d’une boulangerie. À Tébessa et Oum El Bouaghi, des halls d’immeubles et des salles de classe ont dû être asséchés.

Le tableau est représentatif d’un problème structurel bien connu : des réseaux d’assainissement saturés, insuffisants ou tout simplement inexistants dans des quartiers périurbains en expansion rapide, qui transforment chaque épisode pluvieux intense en scénario de crise.

La carte des routes coupées

L’organisme Tariki a émis une série d’alertes tout au long de la journée. La RN87 Batna–Biskra est coupée à El-Mahamel à cause de la neige dans les Aurès. La RN3 entre Touggourt et El-Mghair est battue par des vents de sable. Côté routes de wilaya, le CW122 (Ouled Hedadj–Ouled Moussa), le CW09 (Saïda–Tiaret) et le CW22 (Megta Douz–Sidi Abdelmoumen) sont totalement impraticables. La RN4 entre Oued Elaâlayeg et Boufarik est également coupée, affectant directement les flux vers la capitale.

Ce n’est pas une liste anodine : plusieurs de ces axes desservent des communes rurales enclavées, dont les habitants n’ont pas d’itinéraire bis.

Ce que cet épisode révèle

Avril 2026 s’inscrit dans une série d’années marquées par des précipitations tardives et violentes dans le nord algérien. Les services météorologiques avaient pourtant émis des bulletins d’alerte la veille. La question qui se pose n’est donc plus celle de l’imprévisibilité des intempéries, mais bien celle de la capacité des communes à anticiper, canaliser et gérer ces épisodes qui sont désormais récurrents.

Les autorités locales n’ont pour l’instant communiqué aucun bilan chiffré global des interventions. La Protection civile demeure mobilisée.

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