L’Algérie face à l’accélération de la décarbonation européenne

’Europe accélère sa transition énergétique suite aux chocs géopolitiques, comme la guerre en Iran débutée fin février 2026 et la crise russe de 2022. Ces tensions font grimper les prix…

L’Algérie face à l’accélération de la décarbonation européenne

’Europe accélère sa transition énergétique suite aux chocs géopolitiques, comme la guerre en Iran débutée fin février 2026 et la crise russe de 2022. Ces tensions font grimper les prix du pétrole Brent à plus de 107 dollars le baril et du gaz spot de 35% en Europe. Pour l’Algérie, grande exportatrice d’hydrocarbures, cela offre un répit financier en 2026, mais menace ses revenus à long terme face à la sortie européenne du carbone. Cet article explore les enjeux pour Alger, entre rente pétrolière temporaire et urgence des renouvelables.

Contexte géopolitique et choc énergétique

La guerre d’Iran, lancée le 28 février 2026 par des frappes américano-israéliennes, a provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux. L’Iran a riposté contre des bases au Qatar, au Koweït et aux Émirats, faisant bondir les prix du Brent à 107,17 dollars le 19 mars 2026, en hausse de 49% sur un mois. Le gaz TTF européen a grimpé de 30% en mars, passant de 31 à 60 euros/MWh.

L’Europe, déjà ébranlée par la guerre en Ukraine, réagit en accélérant sa décarbonation. La Commission européenne vise une réduction de 90% des émissions nettes d’ici 2040 par rapport à 1990, avec 85% d’efforts internes. Contrairement à la politique « drill, baby, drill » de Donald Trump, qui libère la production fossile aux États-Unis, Bruxelles mise sur l’électrification et le nucléaire.​

Bénéfices temporaires pour l’Algérie en 2026

Les prix élevés dopent les exportations algériennes d’hydrocarbures. À fin septembre 2025, elles atteignaient déjà 31 milliards de dollars, avec une production primaire prévue à 193 millions de TEP en 2026, en hausse de 2%. Le Projet de Loi de Finances 2026 table sur des recettes hors fiscalité des hydrocarbures stables, malgré une baisse prévue de la fiscalité pétrolière.

Cet afflux offre un excédent commercial confortable, estimé à plusieurs milliards, couvrant les importations et les investissements. Cependant, des projections comme celles de Coface prévoient un creusement du déficit courant en 2026 en raison d’importations élevées. Cette « rente de 2026 » reste fragile, liée à l’instabilité plutôt qu’à une performance structurelle.

Indicateur économique2025 (prévu)2026 (prévu)
Exportations hydrocarbures31 milliards $ (9 mois) ~65-75 milliards $ (estimation)
Production primaire~189 millions TEP193 millions TEP 
Balance commercialeExcédent modéréPossible creusement 
Prix BrentVariable>100 $/baril 

Arbitrage entre gaz de schiste et renouvelables

Sonatrach négocie avec ExxonMobil et Chevron pour exploiter le gaz de schiste dans les bassins d’Ahnet et Berkine, avec des protocoles signés en 2024-2025. Ces majors américaines visent des ressources non conventionnelles, mais les prix actuels masquent un risque : des « actifs échoués » si l’Europe réduit ses importations.

L’Europe prévoit la fin des importations de gaz russe d’ici 2027 et une baisse globale post-2035, boostée par le nucléaire (330 millions d’euros investis en 2026-2027). L’Algérie doit pivoter vers le solaire et l’hydrogène vert pour rester compétitive.

  • Solaire : Objectif de 15 GW d’ici 2035, avec les deux premières centrales PV (200 MW chacune) opérationnelles fin 2025 dans le cadre d’un plan de 3,2 GW.
  • Hydrogène vert : Projet SoutH2 Corridor (3 300 km), visant 4 millions de tonnes/an vers l’Europe via Tunisie et Italie, reconnu d’intérêt commun par l’UE.

Enjeux européens et concurrents mondiaux

L’UE renforce sa souveraineté avec un retour en grâce du nucléaire et des objectifs climatiques stricts (55% de réduction d’ici 2030, 90% d’ici 2040). Le gaz algérien gagne en importance face au GNL américain, mais Edison a réduit ses achats pour du GNL US en 2025.

La Chine domine comme « OPEP de l’électrique », contrôlant 70% du raffinage de métaux pour batteries (lithium, cobalt). L’Algérie pourrait explorer ces ressources critiques au Sahara pour diversifier.

Perspectives et urgence pour Alger

L’Algérie risque un « contre-choc » comme en 1985, post-guerre Irak-Iran, si elle n’anticipe pas la baisse de la demande gazière. Une partie de la manne 2026 doit financer la transition : sanctuariser des fonds pour 15-22 GW renouvelables et hydrogène.

Des experts appellent à un arbitrage clair : prioriser les renouvelables rentables à long terme sur le schiste éphémère. Le corridor SoutH2 positionne Alger comme hub vert pour l’Europe de 2035.

En résumé, 2026 marque un sursis pour l’Algérie, mais l’accélération décarbonée européenne impose un pivot urgent vers le solaire et l’hydrogène. Sans action, les revenus fossiles s’effondreront post-2035. Alger peut-il transformer la crise en opportunité, en devenant exportateur d’énergies propres ? Les prochaines décisions de Sonatrach et du gouvernement seront décisives.

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